Depuis le jeudi 3 avril 2025, le système éducatif ivoirien est fortement perturbé par une grève lancée par l’Intersyndicale du Ministère de l’Éducation Nationale et de l’Alphabétisation (IS-MENA) et du Ministère de l'Enseignement Technique, de la Formation Professionnelle et de l'Apprentissage (IS-METFPA). Les revendications des enseignants portent principalement sur l'octroi d'une prime d'incitation aux personnels du secteur éducation-formation ainsi que sur le respect de la liberté syndicale et du droit syndical. Malgré les négociations engagées, le climat demeure tendu, et le mot d'ordre de grève a été reconduit ce vendredi 4 avril sur l’ensemble du territoire national.


Au cœur des critiques, la ministre d’État Anne Ouloto, présidente du Conseil Consultatif de la Fonction Publique, est accusée par certains acteurs du secteur de manquer de leadership et de management dans la gestion de cette crise. Selon un enseignant s'exprimant sous couvert d’anonymat, l’absence de réponse concrète de la ministre d’État aux préoccupations des enseignants est la cause principale du blocage. « Comment un préavis de grève signé par 51 syndicats peut-il être minimisé face à 14 syndicats favorables au gouvernement ? », s’interroge-t-il. Il critique également le délai supplémentaire d’un mois demandé par la ministre pour examiner les revendications, estimant que cette période coïncide avec les compositions scolaires et prépare le terrain à une démobilisation des enseignants.


D’après les syndicats grévistes, le gouvernement cherche à temporiser afin de déplacer toute discussion sur la revalorisation des conditions de travail des enseignants à une période moins propice aux revendications. En effet, les vacances scolaires approchent, et la rentrée prochaine en septembre se situera à un mois des élections présidentielles, une période sensible où toute action de contestation pourrait être jugée inopportune. Pour l’heure, le bras de fer entre l’Intersyndicale et le gouvernement se poursuit. Les enseignants affirment rester mobilisés et prévoient d’autres actions si leurs revendications ne sont pas prises en compte rapidement. De son côté, le gouvernement tente de désamorcer la crise, mais sans avancée concrète, le blocage pourrait s’intensifier dans les jours à venir.


Toussaint Konan

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